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Vaincre le VIH avec colère mais aussi amour – BLOG

ByAfricasPort

Mar 22, 2022

SIDA – Dans l’une de ses chansons, le rappeur Vald nous dit: “J’la vois qu’une seule fois par an comme le prime sur le Sidaction”… Il va donc bientôt la voir, le prime et le week-end du Sidaction, fort de ses 33 partenaires médias, c’est ce week-end. Mais le Sidaction, ce n’est pas qu’une seule fois par an, ce n’est pas qu’à la télé, c’est tous les jours et sur tous les terrains… Sur celui de la recherche médicale et scientifique, sur celui de la prévention, de l’information et de l’aide aux personnes vivant avec le VIH. C’est au quotidien que se mène la lutte contre ce virus grâce aux chercheurs et aux équipes des 91 associations que nous soutenons en France et dans 18 autres pays.

Le VIH ne fait aucune discrimination

L’épidémie de VIH n’est pas de l’histoire ancienne, elle concerne encore aujourd’hui, chacun et chacune d’entre nous. Parce que si la société engendre de multiples discriminations, le VIH lui n’en fait aucune. Vous êtes jeune et vous pensez que c’est un truc de vieux? 14% des personnes qui découvrent leur séropositivité chaque année ont moins de 25 ans. Ce chiffre ne baisse pas. Vous êtes plus âgé et vous vous inquiétez surtout pour les jeunes? 22% des personnes qui découvrent qu’elles sont porteuses du VIH ont plus de 50 ans. Hommes, femmes, hétéros, homos, noirs, blanc, nous sommes tous concernés.

Mais les immenses progrès réalisés depuis le début de l’épidémie n’ont jamais été aussi menacés qu’aujourd’hui. Depuis quelques années déjà, nous sentons s’élever des vents contraires… De ces vents qui menacent les droits des femmes partout dans le monde, de ceux qui empêchent de faire progresser les droits des personnes LGBT+ et de ceux qui aggravent les situations de grande précarité. Chaque jour, des avancées dans la lutte contre le sida que nous pensions définitivement acquises sont mises en danger par des lois et des décisions politiques en France et partout dans le monde.

L’autre épidémie à combattre

Et comme si ces vents contraires ne suffisaient pas, une nouvelle épidémie, celle qui a envahi nos vies depuis deux ans, et qu’il n’est même plus nécessaire de nommer, a porté un coup supplémentaire à la lutte contre le sida. Le recul de la prévention, du dépistage et donc de l’accès à des traitements précoces, ont marqué ces deux dernières années et remis en cause la baisse régulière des nouvelles infections par le VIH et celle du nombre de décès dans le monde. Et alors que nous commencions à voir le bout du tunnel, une nouvelle menace surgit avec le terrible conflit qui se déroule en ce moment même en Ukraine.

«Chaque jour, des avancées dans la lutte contre le sida que nous pensions définitivement acquises sont mises en danger par des lois et des décisions politiques en France et partout dans le monde.»

Parce que par expérience, nous savons à quel point les pays en guerre paient non seulement un lourd tribut immédiat de par le nombre de morts et de blessés, mais en subissent longtemps les conséquences, notamment sur la santé de leur population.

La lutte au-delà des frontières

L’Ukraine n’y fera pas exception et nous le constatons déjà. Partagés, comme beaucoup entre colère et tristesse, nous sommes plus que jamais mobilisés aux côtés des associations que nous soutenons dans ce pays et dans la région, l’une des plus touchées par l’épidémie de VIH dans le monde, En Ukraine, où le nombre de personnes vivant avec le VIH est estimé à environ 260.000 personnes, plusieurs projets de prévention du VIH, d’accompagnement des personnes séropositives et de formation du personnel de santé ont été financés par Sidaction depuis plus de 15 ans à Kyiv, Tchernihiv et Mykolaiv. Depuis quelques années, nous soutenons principalement l’association Tochka Opory, une association communautaire menant des actions de prévention et d’accès aux soins pour les personnes LGBT vivant avec le VIH ou très exposées au risque de contamination.

Grâce à une politique volontariste, ayant permis d’améliorer l’accès aux traitements ARV, et au développant de programmes de réduction des risques pour les usagers de drogue très touchés par le VIH, l’Ukraine était parvenue à réduire de 21% le nombre de nouvelles infections depuis 2010. Des efforts et des succès que vont réduire à néant ou presque l’invasion du pays par les forces russes, comme on le constate déjà dans les zones séparatistes à l’est, où depuis plusieurs années, ont été par exemple interdits tous les programmes d’accès à la méthadone, dans la logique des politiques répressives de la Russie, où l’épidémie de VIH demeure l’une des plus virulentes dans le monde.

Depuis ces 40 dernières années, il a été maintes fois démontré que le non respect des droits humains et la criminalisation des populations les plus vulnérables représentaient des obstacles majeurs au contrôle de l’épidémie de VIH. La Russie en est un parfait exemple, elle qui, lors de la dernière Assemblée Générale des Nations Unies sur le VIH en 2021, a refusé que la déclaration politique finale fasse référence aux droits humains, à la décriminalisation du travail du sexe et à toute action de réduction des risques pour les usagers de drogue.

Colère, révolte et amour pour lutter

Pour ceux et celles qui survivront à cette terrible guerre, c’est un combat au long cours qui attend les acteurs de la lutte contre le VIH, et c’est aussi pour eux et pour tous ceux touchés par des conflits dans le monde que nous poursuivrons notre mobilisation.

Dans l’histoire de la lutte contre le sida, face au nombre de morts et à celui, toujours trop important, de nouvelles infections, face aux inégalités dans l’accès aux traitements, face à ces conflits et ces politiques qui menacent les droits des personnes, la colère et la révolte nous ont souvent portés et nous portent encore pour relever d’immenses défis.

Mais cette année, nous avons aussi voulu vous parler d’amour, sans même imaginer à quel point nous en aurions toutes et tous besoin. De l’amour qui nous porte pour mieux combattre ce virus et lutter contre toutes les discriminations et les injustices qui le renforcent. Nous savons que le VIH ne fait pas disparaître l’amour, et nous avons envie de croire, avec vous, que par amour, nous pourrons faire disparaître le VIH.

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Source Vaincre le VIH avec colère mais aussi amour - BLOG