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Présidentielle 2022: les enjeux de la fin de campagne

ByAfricasPort

Mar 18, 2022

POLITIQUE – Si l’élection présidentielle est un marathon, on arrive dans les tout derniers kilomètres. Les douze candidats validés par le Conseil constitutionnel au début du mois de mars déroulent leurs programmes, plus ou moins fournis, enchaînent les interventions médiatiques ou les “grands oraux” thématiques, tandis que leurs soutiens s’activent sur le terrain: il ne reste plus que trois semaines pour faire campagne avant le premier tour.

Pour l’instant, Emmanuel Macron est le grand favori. Avec 31% d’intentions de vote en moyenne dans notre compilateur de sondages, le président sortant fait la course en tête devant la candidate d’extrême droite Marine Le Pen et un peloton composé de Jean-Luc Mélenchon, Éric Zemmour et Valérie Pécresse. De quoi laisser entrevoir un second tour semblable à celui de 2017?

Au-delà de l’affiche, et des deux futurs finalistes, plusieurs questions se posent à l’entame de la dernière ligne droite. Qui va franchir l’arrivée avec 10% des suffrages dans la besace? Emmanuel Macron glanera-t-il le titre de “champion des sortants”? Les écolos vont-ils battre leur record avec Yannick Jadot? Et le taux d’abstention? Le HuffPost a listé, ci-dessous, les différents points d’intérêts de ce sprint final.

Macron peut-il être le premier des sortants?

C’est l’un des enjeux pour le chef de l’Etat. Difficile, effectivement, de ne pas imaginer Emmanuel Macron sortir en tête de ce premier tour, sauf retournement de situation inédit. Mais avec quel score? Et quelle dynamique? 

Le locataire de l’Elysée, qui a enregistré un bond dans les sondages depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine -le fameux effet drapeau- peut viser le résultat de François Mitterrand en 1988. C’est le socialiste qui détient, avec 34% des voix, le score record pour un président sortant au premier tour. Comme Emmanuel Macron, Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy ont, eux aussi, en leurs temps, brigué un second mandat, avec des fortunes diverses. Le premier a totalisé 28,3% en 1981, le deuxième 19,8% des suffrages en 2002, quand le troisième récoltait 27% dix ans plus tard.

Si la question peut paraître anecdotique, ce score montre aussi l’élan avec lequel le sortant entame sa campagne du second tour. Plus ou moins déséquilibré, ce rapport de force peut également permettre d’assoir une forme de légitimité pour le quinquennat à venir, ce qui, dans le contexte actuel n’est pas franchement anodin.

Le Pen retrouvera-t-elle son niveau de 2017? 

Marine Le Pen résiste. C’est l’un des enseignements principaux des différentes enquêtes d’opinion menées jour après jour. Malgré l’irruption d’Éric Zemmour, un deuxième candidat d’extrême droite, dans le débat public, et les défections qui l’ont accompagné, la cheffe de file du Rassemblement national continue de truster la deuxième place des sondages. 

Mais… Elle est, à l’heure actuelle, en deçà de son score réalisé au premier tour de la présidentielle 2017. Elle est donnée, au mieux, autour des 18%, quand elle totalisait 21% des suffrages il y a cinq ans. Eric Zemmour n’a pas “la capacité d’aller au second tour, en revanche il a la capacité de nous empêcher d’être devant Emmanuel Macron”, disait l’intéressée en décembre dernier, dans une sorte d’avertissement ou de prévision.

Une crainte accentuée, depuis, par le rebond du chef de l’État dans les différentes études… et qui semble se vérifier. L’ancien journaliste pourrait, qui plus est, empêcher la candidate du Rassemblement national d’atteindre son score d’antan. Un mauvais signal pour quelqu’un qui veut jouer “gagnant”. Mais la marque d’une réserve plus conséquente de voix en vue du second tour.

L’abstention à un niveau historique? 

C’est l’autre chiffre scruté par les candidats. Organisée pendant les vacances scolaires, au terme d’une campagne marquée par le Covid puis écrasée par les sujets internationaux et sans émissions télévisées avec tous les candidats, l’élection présidentielle pourrait souffrir d’un taux d’abstention relativement haut. Voire inédit pour le scrutin roi de la Ve République, selon les craintes de certains spécialistes.

En 2021, dans un contexte très particulier, la participation aux élections régionales et départementales est tombée à un chiffre historiquement bas. (66% d’abstention.) Un phénomène encore plus alarmant chez les jeunes puisque 87% des 18-24 ans ne s’étaient pas déplacés.

Un an plus tard, les signaux ont semble-t-il repris quelques -pâles- couleurs. Selon la dernière enquête électorale d’Ipsos Sopra-Steria pour Le Monde, les sondés certains d’aller voter sont passés de 61% en décembre à 66% en janvier, pour stagner depuis. Un chiffre similaire au niveau affiché en mars 2017 par le même institut. Lors du scrutin, l’abstention avait finalement atteint 22%.

Combien de candidats finiront à plus de 10% 

En 2017, quatre candidats dépassaient la barre symbolique des 10%. Combien seront-ils à l’atteindre un quinquennat plus tard? Ils sont cinq à la dépasser à ce stade dans notre compilateur de sondages.

Derrière le président sortant, Marine Le Pen, Valérie Pécresse, Eric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon sont au coude à coude pour l’accession au second tour. C’est, semble-t-il, plus difficile pour les deux derniers cités qui flirtent plus souvent avec la barre des 10%. Tomber en dessous constitueraient un échec cuisant pour l’une comme pour l’autre. 

Un peu plus loin dans les enquêtes d’opinion, Yannick Jadot veut y croire, lui aussi. Malgré une dynamique en berne, le chef de file des écolos espère un vote caché… avec un argument phare (et vrai): il a réussi à doubler son score entre le matin des élections européennes, en 2019, et le soir, passant de 6% dans les sondages à 13% dans les urnes.

Jadot fera-t-il mieux que Mamère?

S’il réitère la même performance, Yannick Jadot fera exploser le record des écologistes. Seul Noël Mamère, en 2002, a réussi à franchir la barre fatidique des 5% -qui assure le remboursement des frais engagés pour la campagne. Il avait récolté 5,25% des voix.  

Vingt ans plus tard, son successeur comme chef de file de l’écologie politique, Yannick Jadot, semble plafonner au même niveau à trois semaines du premier tour. Notre compilateur de sondage le place à 5,7%. Un peu plus haut que Noël Mamère, mais bien loin, pour l’instant, des ambitions affichées par EELV au début de la campagne.

Quel “petit candidat” va être remboursé?

Derrière le chef de file des écolos, ils ne sont pas nombreux, aujourd’hui, à pouvoir prétendre dépasser le seuil des 5%, synonyme de remboursement des frais de campagne. Fabien Roussel, l’une des révélations de cette campagne, semble le mieux placé parmi les “petits candidats”, à en croire les sondages. Le patron du Parti communiste va, pour ce faire, devoir grappiller un point supplémentaire, lui qui est actuellement crédité de 3,8% en moyenne. 

Plus loin, la tâche promet d’être difficile pour Nicolas Dupont-Aignan, lequel avait échoué à 3,5% en 2017. Il est à moins de 2%, cinq ans plus tard, dans les sondages. Tout comme Anne Hidalgo. La cheffe de file du parti socialiste continue son chemin de croix… et pourrait, selon toute vraisemblance, ne pas être remboursée pour les frais engagés par le PS.

Les ex soutiendront-ils leurs candidates?

La question agite sans doute davantage la rue de Vaugirard que les arcanes du Parti socialiste: que vont faire les anciens président de la République? Si François Hollande a espéré, un temps, être une voie de recours pour son camp en ce printemps, il devrait afficher son soutien clair et net à la candidate socialiste Anne Hidalgo lors d’un meeting à Limoges, en Haute-Vienne, le 22 mars prochain. 

Et Nicolas Sarkozy? Depuis son entrée en campagne, Valérie Pécresse ne peut compter sur le soutien de la star de sa famille politique. Pire, après des propos peu amènes tenus par l’ancien chef de l’État à son égard, la candidate LR doit composer avec la menace d’un soutien de l’ancien locataire de l’Élysée à Emmanuel Macron. Une petite musique qui monte dans la presse et qui pourrait participer à planter le dernier clou dans le cercueil de la campagne des Républicains.

À voir également sur Le HuffPost: LREM tente de montrer que le programme de Macron n’est pas que de droite

Source Présidentielle 2022: les enjeux de la fin de campagne