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Morbihan: après l’attaque d’un train de blé, le ministre de l’Agriculture réclame justice

ByAfricasPort

Mar 20, 2022

AGRICULTURE – Le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie a jugé “inadmissible” le blocage, ce samedi 19 mars, d’un train transportant des céréales destinées à la fabrication d’aliments pour bétail et le déversement sur les voies d’une partie de la cargaison, près de Pontivy, dans le Morbihan, par une cinquantaine de manifestants opposés à l’agriculture industrielle.

Cette action à l’appel du Collectif “Bretagne contre les fermes usines” a suscité de nombreuses réactions, dont celle du ministre de l’Agriculture Julien Denormandie. Samedi en fin de soirée, il a tweeté: “Simplement inadmissible!” Dans le message, il qualifie d’“irresponsable” la destruction “des productions de céréales alors que beaucoup de pays en manquent en ce moment… c’est affligeant. La justice doit passer.”

Dans un communiqué publié ce dimanche, la préfecture du Morbihan a indiqué que “plusieurs plaintes ont été déposées” et qu’“il appartiendra aux autorités judiciaires d’apporter les réponses appropriées et de caractériser l’infraction pénale de ces actes”.

“Cet acte de gaspillage alimentaire est scandaleux”

“Cet acte de gaspillage alimentaire est scandaleux au moment même où la France doit consolider sa capacité de production nourricière dans un contexte international difficile”, considère l’institution, qui “condamne avec la plus grande fermeté cet acte”. Selon la préfecture, “l’attaque de ce train a généré la perte d’un tonnage important de blé et un lourd préjudice financier”.

Samedi matin, une cinquantaine de militants, réunis à l’appel du Collectif “Bretagne contre les fermes usines”, ont bloqué à Noyal-Pontivy un train de marchandises destiné à une usine voisine d’aliments pour bétail, appartenant à Sanders, filiale du groupe Avril. Les militants pensaient intercepter une cargaison de soja, ont-ils expliqué, alors qu’il s’agissait de blé.

Ces militants ont édifié un mur en parpaings en travers des voies ferrées afin de symboliser “un mur en travers des voies de l’agro-industrie”, ont-ils expliqué. “Le système d’élevage hors-sol va droit dans le mur, nous devons mettre l’agro-industrie à terre”, ont-ils affirmé dans un communiqué.

Dans un élevage hors-sol, sans terres suffisantes autour de l’exploitation pour pouvoir cultiver et produire l’alimentation nécessaire pour les animaux, le bétail est nourri pour partie par des protéines importées, dont des tourteaux de soja provenant notamment d’Amérique du sud.

L’action du collectif condamnée par Yannick Jadot

Le Collectif prône “une agriculture paysanne, vivante, agroécologique, territorialisée, créatrice d’emplois et rémunératrice”.

La Fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles (FRSEA), la chambre régionale d’agriculture ainsi que le Crédit Agricole et Groupama notamment, avaient dénoncé “une action scandaleuse de la part de militants déconnectés des réalités et agissant contre l’intérêt général”, en appelant à “une réaction de l’Etat pour mettre un terme aux actes de toutes formes remettant en cause notre agriculture”.

Dimanche, dans “Dimanche en politique” sur France 3, le candidat EELV à la présidentielle Yannick Jadot a également critiqué cette action. “Je ne soutiens pas des actions qui aujourd’hui mettent des céréales dont on a besoin partout sur la voie, a-t-il dit. Je ne soutiens pas cette action-là.”

Il a affirmé être porteur d’“un modèle de souveraineté alimentaire”. “Pendant des années et des années, la politique a été sous la pression de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) qui a décidé pour ce gouvernement de notre agriculture”, a-t-il affirmé, ajoutant: “C’est un problème quand la politique du gouvernement est faite par les lobbies.”

Plusieurs filières de l’agriculture bretonne, première région agricole française où domine l’élevage, traversent une crise profonde et induisent des effets négatifs sur l’environnement, qu’il s’agisse du phénomène des algues vertes ou de la qualité de l’air.

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Source Morbihan: après l’attaque d’un train de blé, le ministre de l’Agriculture réclame justice