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Guerre en Ukraine: les bombardements russes continuent, la situation humanitaire empire

ByAfricasPort

Mar 20, 2022

GUERRE EN UKRAINE – Au 25e jour de l’invasion russe en Ukraine, la situation humanitaire est “catastrophique” ce dimanche 20 mars et empire dans de grandes villes ukrainiennes, toujours sous le feu des frappes de la Russie, alors que Kiev a appelé la Chine, allié stratégique de Moscou, à “condamner la barbarie russe”.

La Russie a annoncé ce dimanche avoir utilisé à nouveau des missiles hypersoniques et une des plus grandes usines sidérurgiques d’Europe est endommagée à Marioupol.

Retrouvez ci-dessous les dernières évolutions sur le terrain de la guerre en Ukraine au 25e jour des combats:

Évolution sur le terrain 

L’armée russe a bombardé une école d’art servant de refuge à plusieurs centaines de personnes à Marioupol, dans le sud-est de l’Ukraine, ont accusé dimanche les autorités locales, ajoutant que des civils étaient coincés sous les décombres.

“Hier (samedi), les occupants russes ont largué des bombes sur l’école d’art G12 située sur la rive gauche de Marioupol, où 400 habitants de Marioupol -des femmes, des enfants et des personnes âgées- s’étaient réfugiés”, a déclaré la municipalité de cette cité portuaire assiégée par les forces de Moscou.

“Nous savons que le bâtiment a été détruit et que des gens pacifiques sont toujours sous les décombres. Le bilan concernant le nombre de victimes est en train d’être clarifié”, a-t-elle ajouté dans un communiqué publié sur Telegram.

Ces déclarations ne pouvaient pas être vérifiées de manière indépendante dans l’immédiat.

À Marioupol, ville et port stratégique dans le sud-est de l’Ukraine – bombardée depuis plusieurs semaines et souffrant d’une pénurie d’eau, de gaz et d’électricité – des familles ont raconté les cadavres gisant plusieurs jours dans les rues, la faim, la soif et le froid mordant des nuits passées dans des caves avec des températures inférieures à zéro degré.

Un groupe de 19 enfants, pour la plupart orphelins, y sont “en grand danger”, bloqués dans un sanatorium, leurs tuteurs n’ayant pu les récupérer en raison des combats, ont affirmé samedi leurs proches et des témoins à l’AFP.

Infliger “une chose pareille à une ville paisible (…), c’est un acte de terreur dont on se souviendra même au siècle prochain”, s’est indigné dimanche le président ukrainien Volodymyr Zelenski, dans un discours. Le siège de Marioupol “entrera dans l’histoire pour répondre de crimes de guerre”, a-t-il déclaré.

Dans le nord du pays, le maire de Tchernihiv, Vladislav Atroshenko, a dépeint une “catastrophe humanitaire absolue” dans sa ville. “Les tirs d’artillerie indiscriminés dans les quartiers résidentiels se poursuivent, des dizaines de civils sont tués, des enfants et des femmes”, a-t-il raconté à la télévision.

“Il n’y a pas d’électricité, de chauffage et d’eau, l’infrastructure de la ville est complètement détruite”. Dans un hôpital bombardé, “les patients opérés gisent dans les couloirs par une température de 10 degrés”, a-t-il affirmé.

Les frappes n’ont pas davantage cessé à Kiev, la capitale, à Mykolaïv (sud) et à Kharkiv, grande ville russophone du nord-ouest, où au moins 500 personnes ont été tuées depuis le début de la guerre, selon des chiffres officiels ukrainiens.

Pour la première fois dans ce conflit, la Russie a déclaré samedi avoir utilisé en Ukraine un missile hypersonique, un type d’arme défiant tous les systèmes de défense anti-aérienne, selon Moscou. Dans l’ouest du pays, le ministère russe de la Défense a affirmé samedi avoir utilisé la veille des nouveaux missiles hypersoniques “Kinjal” pour détruire un entrepôt souterrain d’armements.

“L’Ukraine est malheureusement devenue un terrain d’essai pour tout l’arsenal russe de missiles”, a déclaré au site Ukraïnska Pravda le porte-parole des forces aériennes ukrainiennes, Iouri Ignat.

Ce dimanche, la Russie a annoncé avoir à nouveau utilisé ce type de missile, cette fois pour détruire une réserve de carburant de l’armée ukrainienne dans le sud du pays.

“Une importante réserve de carburant a été détruite par des missiles de croisière ‘Kalibr’ tirés depuis la mer Caspienne, ainsi que par des missiles balistiques hypersoniques tirés par le système aéronautique ‘Kinjal’ depuis l’espace aérien de la Crimée”, a déclaré le ministère de la Défense dans un communiqué, sans préciser la date de cette frappe.

L’usine sidérurgique et métallurgique Azovstal de Marioupol, une des plus grandes d’Europe, a été fortement endommagée par des bombardements, ont affirmé dimanche des responsables ukrainiens.

“Une des plus grandes usines métallurgiques d’Europe est détruite. Les pertes économiques pour l’Ukraine sont immenses”, a affirmé la députée Lesia Vasylenko, qui a publié sur son compte Twitter une vidéo montrant d’épaisses colonnes de fumée s’élevant d’un complexe industriel. Un autre député, Serhiy Taruta, a écrit sur sa page Facebook que les forces russes, qui assiègent Marioupol, “ont pratiquement détruit l’usine”.

Le directeur général d’Azovstal, Enver Tskitishvili, a indiqué dans un message vidéo publié sur Telegram que son entreprise avait pris des mesures de précaution dans l’usine dès le début de l’invasion russe le 24 février, pour prévenir tout dommage à l’environnement.

“Les batteries de fours à coke ne représentent plus de danger pour la vie des habitants. Nous avons également arrêté correctement les hauts fourneaux”, a-t-il assuré. “Nous retournerons dans la ville, reconstruirons et ressusciterons l’entreprise”, a-t-il promis, sans préciser l’étendue des dégâts.

L’usine Azovstal de Marioupol appartient au groupe Metinvest, contrôlé par l’homme le plus riche d’Ukraine, Rinat Akhmetov.

Pour le ministère britannique de la Défense, la Russie “n’a pas réussi à prendre le contrôle de l’espace aérien et s’appuie largement sur des armes à distance lancées depuis la sécurité relative de l’espace aérien russe pour frapper des cibles en Ukraine”, a-t-il analysé dans un communiqué.

Selon le ministère ukrainien de la Défense, les troupes russes, dont la progression sur le terrain a été beaucoup plus difficile que prévu face à la résistance acharnée des Ukrainiens, ont effectué 291 frappes de missiles et 1403 raids aériens depuis le début de l’invasion le 24 février.

Diplomaties et sanctions

Face à la poursuite des bombardements meurtriers et à des négociations qui s’éternisent – le quatrième round entre Kiev et Moscou s’est ouvert lundi – la présidence ukrainienne a exhorté Pékin à prendre position.

La Chine, allié stratégique de Moscou et membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, figue parmi les grands absents, avec l’Inde, du concert de condamnations et de sanctions qui s’est abattu sur la Russie.

“La Chine peut être un élément important du système de sécurité mondial si elle prend la bonne décision de soutenir la coalition des pays civilisés et de condamner la barbarie russe”, a tweeté Mykhaïlo Podoliak, un conseiller de M. Zelensky et un des participants aux négociations avec la Russie. 

Le président américain Joe Biden s’était entretenu vendredi avec son homologue chinois Xi Jinping, pour lui exposer “les conséquences si la Chine fournissait un soutien matériel à la Russie”, selon la Maison blanche. Mais Xi Jinping a maintenu l’ambiguïté, se bornant à souligner que les conflits militaires n’étaient “dans l’intérêt de personne”, selon la télévision chinoise.

À New Delhi, c’est le Premier ministre japonais, Fumio Kishida, qui a exhorté l’Inde, gros acheteur d’armes et de pétrole russes, à sortir de sa réserve et à condamner l’invasion. Son homologue indien, Narendra Modi, s’est gardé de mentionner l’Ukraine, et la déclaration conjointe s’est bornée à un appel à “un arrêt immédiat de la violence.”

Dans une liaison vidéo avec Berne, Volodymyr Zelensky a fustigé samedi les entreprises comme le groupe Nestlé qui poursuivent leurs activités en Russie. Il a appelé la Suisse à geler les actifs des milliardaires russes et des proches du Kremlin.

L’Australie, de son côté, a annoncé dimanche, dans un communiqué du gouvernement, un embargo sur ses exportations vers la Russie d’alumine et de minerai d’aluminium, “ce qui limitera sa capacité à produire de l’aluminium”, un matériau stratégique pour l’industrie de l’armement notamment. 

La Russie est dépendante à hauteur de 20% de l’Australie pour ses besoins en minerai d’aluminium, selon Canberra.

Le bilan humain

Le président ukrainien a indiqué que 180.000 personnes avaient pu à ce jour fuir des zones de combat par des couloirs humanitaires. Plus de 3,3 millions de réfugiés ont désormais fui l’Ukraine depuis l’invasion russe, ont indiqué les Nations unies, tandis que près de 6,5 millions de personnes seraient déplacées à l’intérieur du pays.

Environ 90% des personnes qui ont fui sont des femmes et des enfants. Les hommes ukrainiens âgés de 18 à 60 ans peuvent en effet être appelés sous les drapeaux et doivent rester dans leur pays.

Olena Zelenska, la femme du président ukrainien, a appelé le Conseil œcuménique des Églises, une organisation représentant 580 millions de chrétiens à travers le monde, à contribuer à organiser de “véritables couloirs humanitaires”.

“Mais les occupants continuent de bloquer l’aide humanitaire, tout particulièrement autour des zones sensibles. C’est une tactique très connue. (…) C’est un crime de guerre”, a lancé samedi Volodymyr Zelensky.

Selon les autorités ukrainiennes, 6623 personnes ont été évacuées par les couloirs humanitaires samedi, dont 4128 fuyant Marioupol et 1820 fuyant Kiev.

Depuis le 24 février, plus de 3,2 millions d’Ukrainiens ont pris les routes de l’exil, dont près des deux tiers vers la Pologne, parfois seulement une étape avant de continuer leur exode. 

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Source Guerre en Ukraine: les bombardements russes continuent, la situation humanitaire empire