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France-Angleterre: Pourquoi le XV de France ne pouvait rêver mieux comme final

ByAfricasPort

Mar 19, 2022

TOURNOI DES 6 NATIONS – Un supporter français de rugby peut-il rêver d’un final plus haletant? Un Stade de France à guichets fermés en prime time, une équipe de France séduisante et efficace, invaincue depuis sept matchs, face à notre meilleur ennemi bien décidé à gâcher la fête…

Après une (trop) longue attente de 12 ans, le XV de France va tenter de faire coup double, ce samedi 19 mars devant son public, en remportant le titre et le Grand Chelem dans le Tournoi des 6 Nations 2022. Pour cela, il faut absolument battre le XV de la Rose lors du 109e “Crunch” de l’histoire entre les deux équipes, les Irlandais étant repassés devant nous au classement après leur victoire cette après-midi contre l’Écosse (26-5) à Dublin.

Une revanche pour un premier titre en 12 ans

Les hommes de Fabien Galthié pourraient ainsi rééditer le parcours et le scénario de 2012 au Stade de France, lors du dernier Grand chelem également décroché à la dernière journée face aux Anglais. Ils ont également une petite revanche à prendre face à une équipe qui leur pose des difficultés depuis l’arrivée du nouveau sélectionneur en 2019.

​Les Anglais restent en effet sur deux succès face aux Bleus (22-19 après prolongation lors de la Coupe d’automne des nations 2020 et 23-20 quelques mois plus tard dans le Tournoi 2021), alors que les Français affichent pourtant un bilan de 11 victoires en 16 matchs depuis décembre 2020, dont des victoires de prestige face aux All Blacks ou à l’Australie.

En pleine mutation en vue de la Coupe du Monde en France à l’automne 2023, les Anglais semblent capables du meilleur comme du pire depuis deux ans dans le Tournoi. Ils semblent aussi prendre un malin plaisir à contrarier les plans de l’Équipe de France. En témoigne le match plein de frustration perdu l’an dernier à Twickenham sur un essai litigieux accordé à la 77e minute sur décision vidéo, au deuxième-ligne Maro Itoje, qui avait mis fin aux espoirs de titre pour la France.

Si l’Angleterre n’a plus l’expérience et la qualité qui lui a permis de se hisser en finale de la Coupe du monde 2019, “l’Angleterre, c’est l’Angleterre, cela reste une grande nation du rugby mondial, souvent classée dans les trois meilleures nations du monde”, a prévenu Fabien Galthié juste après la victoire très défensive des Bleus face au Pays de Galles à Cardiff. “Il ne faut pas se tromper sur l’adversaire”, a-t-il déjà prévenu pour préserver ses joueurs et le public de l’idée d’un match gagné d’avance.

“Nos défaites nous ont appris”

S’ils restent face à une lourde défaite à domicile face à l’Irlande, les Anglais, en infériorité numérique toute la partie, n’ont pas démérité jusqu’à la 70e minute du match (15-32). Ils sont également toujours capables de coups d’éclat, en témoigne leur victoire cette année face aux Gallois (23-19). Ils figurent d’ailleurs toujours au 5e rang mondial à l’IRB, derrière l’Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande, la France et l’Irlande, et à la 3e place du Tournoi avec ce match contre les Bleus.

Mais ils semblent à la portée d’une équipe de France, plus complète, plus disciplinée et plus expérimentée qui semble être arrivée à maturité cette année. “Maintenant nous avons disputé 24 matches ensemble, nous nous dirigeons vers notre 25, notre troisième Tournoi, avec beaucoup de vécu. Ces joueurs ont une expérience collective maintenant, ils ont grandi depuis deux ans”, a assuré le sélectionneur français. “Nos défaites nous ont appris, nos deuxièmes places dans la compétition nous ont appris énormément”.

À l’inverse, l’Angleterre paraît plus limitée dans le jeu. “Depuis 2019, il n’y a plus trop d’initiatives… Ils développent un jeu de gestion, avec peu d’ambitions offensives. Mais même les années où on les sent moins bien, cela reste solide”, prévenait déjà l’ancien international et consultant de France Télévisions, Dimitri Yachvili, dans une interview accordée au HuffPost avant le début du tournoi, mettant en avant “leurs bases solides: une grosse conquête et leur jeu au pied”.

“Il faut se battre plus qu’eux”

Car en plus d’une mêlée à la hauteur de celle de l’Équipe de France, les Anglais risquent de miser sur un jeu d’occupation, en mettant la pression dans le jeu au pied (dans la largeur ou dans les airs), secteur où l’équipe de France n’a pas toujours montré une assurance tout risque depuis le début du Tournoi, notamment lors du dernier match face aux Gallois.

“On a battu la France lors de nos deux derniers matches donc on sait comment les prendre”, a promis le sélectionneur du XV de la Rose, Eddie Jones. “Si vous voulez battre la France, il faut plus et mieux jouer au pied qu’eux, c’est la première chose. Ensuite, il faut se battre plus qu’eux, notamment autour des rucks (regroupement de joueurs des deux équipes qui se disputent le ballon qui est au sol, ndlr). Enfin, il faut empêcher Antoine Dupont de s’exprimer”.

Seront-ils motivés alors qu’ils ne jouent plus rien au classement? “Le résultat du dernier match ne change rien pour nous, on vient à Paris pour gagner et j’espère que tout le monde nous croit. On allait toujours être prêts pour cette rencontre et là, on est encore plus prêts”, a promis le pilier gauche anglais Ellis Genge. “La France est une des équipes les plus en forme du moment, ça va être un match compliqué”.

Preuve de l’importance donnée à cette “finale qui n’en est pas une”, le XV de la Rose a chamboulé ses plans, en débarquant en France dès mardi, pour s’installer du côté de Roland-Garros. “Nous avons toujours considéré ce match comme (…) une répétition générale avant la Coupe du monde”, a également expliqué Eddie Jones.

Avec l’infatigable deuxième ligne Maro Itoje, la vista et le jeu au pied du jeune ouvreur Marcus Smith (23 ans), la puissance d’Ellis “Baby Rhino” Genge ou les appuis du demi de mêlée Harry Randall, les Anglais ont des arguments à faire valoir.

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Source France-Angleterre: Pourquoi le XV de France ne pouvait rêver mieux comme final